Survie au cancer de la prostate

Rédigé par des auteurs spécialisés Ooreka

Sommaire

Les chances de survie du cancer de la prostate sont relativement bonnes, d'autant plus si le dépistage a été réalisé précocement. Pourtant, malgré l'efficacité des traitements et le peu de récidives, cette pathologie reste la deuxième cause de mortalité par cancer chez l'homme (la première après 70 ans) avec 8 512 décès en 2018 (pour 50 430 nouveaux cas).

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Pronostics du cancer de la prostate

Il est relativement difficile de donner un pronostic précis en cas de cancer. En effet, plusieurs facteurs rentrent en ligne de compte :

  • les divers facteurs de risque en cause (âge, antécédents familiaux, origine ethnique, sédentarité, alimentation, sachant que les personnes obèses ont un plus mauvais pronostic que les autres et que les acides gras saturés pourraient accroître la mortalité globale, et les produits laitiers gras la mortalité spécifique) ;
  • l'état de santé général du patient ;
  • le taux de PSA :
    • un taux de moins de 10 ng/ml est jugé favorable,
    • un taux compris entre 10 et 20 ng/ml est intermédiaire,
    • un taux de plus de 20 est jugé défavorable ;
  • les symptômes du cancer de la prostate ;
  • le stade du cancer prostatique : moins le cancer est à un stade avancé, meilleur est le pronostic (les cancers de la prostate localisés sont associés à de plus grandes chances de survie que les cancers de la prostate avec métastases) ;
  • la virulence du cancer ;
  • le traitement employé ;
  • la réaction du patient face à ce traitement.

Cancer

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Taux de survie du cancer de la prostate

Dans la mesure où 95 % des cancers de la prostate sont des adénocarcinomes, ils ont tendance à évoluer lentement et à être sensibles au traitement. Les 5 % restants sont constitués par des sarcomes, des carcinomes à petites cellules et des carcinomes transitionnels qui sont de moins bon pronostic. Pourtant, paradoxalement, alors que le diagnostic et les traitements progressent, le cancer prostatique reste parmi les trois premières causes de mortalité par cancer chez l'homme.

Malgré tout, globalement, on estime que les taux de survie à un cancer de la prostate sont plutôt bons. Ils sont de :

  • 100 % 1 an après le diagnostic chez les hommes de 55 ans et de 97 % chez ceux de 80 ans ;
  • 99 % à 5 ans chez les hommes de 55 ans et de 90 % pour les plus âgés ;
  • 70 % à 10 ans.

Lorsque les cancers de la prostate sont diagnostiqués aux stades I et II, c'est-à-dire qu'il s'agit de cancers encore localisés (90 % des cas), le taux de survie à 5 ans est quasiment de 100 %. En revanche, en cas de cancer de la prostate métastatique, le taux de survie relative à 5 ans n'est plus que de 31 %.

Néanmoins, le cancer de la prostate étant un cancer d'évolution lente, la plupart des patients âgés mourront d'autre chose et pas de cette tumeur. Au final, en 2016 on a recensé 8 787 décès liés au cancer prostatique.

D'année en année, on observe par ailleurs une baisse de la mortalité (-3,7 % par an entre 2010 et 2015) et également de l’incidence (-3,5 % par an entre 2010 et 2015).

Traitements et guérison du cancer de la prostate

Si le cancer est localisé à la prostate et qu'il n'a pas franchi la capsule, les chances de guérison suite à une prostatectomie sont quasiment de 100 %. En revanche, plus le cancer a progressé en dehors de la glande, plus les chances de guérison s'amenuisent.

Dans les cas où 1 à 2 ganglions sont touchés avec extension du cancer aux vésicules séminales ou à d'autres structures proches ou si 3 à 4 ganglions sont envahis, le traitement combiné hormonothérapie-radiothérapie permet une survie de 70 % à 8 ans (15 % de plus qu'en cas d'hormonothérapie isolée).

Par ailleurs, lorsque les patients ne veulent pas ou ne peuvent pas être opérés (personnes âgées de plus de 70 ans ou ayant un mauvais état de santé général), le traitement par radiothérapie se révèle souvent moins efficace, d'autant qu'elle s'accompagne de nombreux effets indésirables.

Toutefois, le cancer de la prostate étant assez sensible au traitement, les résultats sont plutôt bons dans l'ensemble.

Reste qu'en l’absence de test de dépistage sensible et spécifique, le cancer de la prostate est souvent découvert au stade métastatique et les traitements sont alors palliatifs. Il est à l’origine d’un décès toutes les heures en France. Ce qui explique sans doute l’engouement pour le dosage du PSA lors de sa découverte, en 1989.

Mais on connaît bien les problèmes qu'il a engendrés : des surdiagnostics et surtraitements de cancers avec lesquels les hommes auraient pu cohabiter sans dommage jusqu’à leur décès, pour une autre cause. Il es aujourd'hui admis que les hommes de plus de 75 ans ou ayant une espérance de vie inférieure à 10 ans n’ont aucun bénéfice à réaliser un dosage de PSA pour une détection précoce de cancer.

De plus, une surveillance active peut être exercée pour 30 à 40 % des hommes à qui l’on découvre un cancer sur un PSA modifié, estime le Pr Georges Fournier, président de l’Association Française d’Urologie et chef du service d’urologie au CHRU de Brest. 

Certains spécialistes recommandent désormais aux hommes âgés de 55 à 69 ans de prendre une décision individuelle au sujet du dépistage du cancer de la prostate avec leur clinicien. « Le médecin doit fournir au patient une information claire et transparente pour arriver à une décision éclairée », indique le Pr Desgrandchamps.

Cancer de la prostate : des récidives relativement rares

Le cancer de la prostate n'est pas un cancer qui récidive fréquemment. Le taux de récidives est même très faible lorsque le cancer est localisé et qu'une prostatectomie a été réalisée. Toutefois, chez 20 % des opérés le taux de PSA persiste, ce qui traduit soit une récidive (locale ou métastatique), soit la présence d'un fragment de tissu prostatique résiduel bénin.

En cas de traitement conservateur (réduction de la taille de la prostate sans ablation), plusieurs définitions de la récidive existent et sont basées sur l’élévation du PSA au-dessus de la valeur de PSA la plus basse obtenue après traitement.

Quant au taux de récidive après une radiothérapie, il est de :

  • 13 à 35 % à 5 ans ;
  • 25 à 50 % à 10 ans.

L’IRM est utile pour le diagnostic en cas de récidive après chirurgie ou radiothérapie, en complément des examens d’imagerie classiques (scintigraphie osseuse), mais surtout de l’imagerie par PET Scan avec les marqueurs du cancer de la prostate (PET Scan choline et bientôt PET Scan au Gallium PSMA pour la détection tumorale et des métastases). 

Si récidive il y a, celle-ci peut avoir lieu au même emplacement que la tumeur d'origine (dans deux tiers des cas) ou ailleurs dans le corps. De plus, elle peut intervenir plusieurs semaines, mois ou années après (trois ans en moyenne). Il s'agira dans ce cas d'identifier les opérés qui bénéficieront d’une radiothérapie de sauvetage et ceux qui n’en auraient que les inconvénients.

En cas de récidive suite à une hormonothérapie, on parle de cancer de la prostate hormonorésistant.

Toutefois, une étude menée par des chercheurs français en 2021 à l’Institut Gustave Roussy de Villejuif montre que l'utilisation combinée de la chimiothérapie, l’hormonothérapie et des comprimés d’hormonothérapie de nouvelle génération ferait passer l'espérance de vie des patients ayant un cancer de la prostate déjà métastasé de deux ans à quatre ans et demi, sans que le cancer ne s’aggrave.

Ces pros peuvent vous aider